Dimanche de Pentecôte

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dimanche de Pentecôte
Fête de la Visitation de Marie à Élisabeth.


Première lecture

Actes des Apôtres 2,1-11

Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière.
Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux.
Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel.
Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient.
Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie,
de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage,
Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »

Psaume responsorial

Psaume 103 (104)

Ô Seigneur, envoie ton Esprit
qui renouvelle la face de la terre !

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
la terre s’emplit de tes biens.

Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses œuvres !
Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.  
 

Deuxième lecture

1 Corinthiens 12,3-7.12-13

C’est pourquoi je vous le rappelle : Si quelqu’un parle sous l’action de l’Esprit de Dieu, il ne dira jamais : « Jésus est anathème » ; et personne n’est capable de dire : « Jésus est Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint.
Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit.
Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur.
Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous.
À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien.
Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.

Lecture de l'Évangile

Alléluia, alléluia, alléluia.

Si on ne renaît pas de l’eau et de l’Esprit,
On ne peut pas entrer dans le Royaume de Dieu.

Alléluia, alléluia, alléluia.

Jean 20,19-23

Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

 

Alléluia, alléluia, alléluia.

L’Esprit du Seigneur est sur moi,
Il m’a envoyé apporter la bonne nouvelle aux pauvres.

Alléluia, alléluia, alléluia.

Homélie

Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, (Ac 2, 1). Cinquante jours s'étaient écoulés depuis les jours de la Pâque et cent-vingt disciples de Jésus (les douze avec le groupe des disciples ainsi que Marie et d'autres femmes) étaient réunis au Cénacle, selon ce qui était devenu une habitude. Depuis la Pâque, de fait, les disciples de Jésus n'avaient pas cessé de se retrouver pour prier, écouter les Écritures et vivre en fraternité. Cette tradition apostolique ne s'est plus interrompue jusqu'à aujourd'hui. A Jérusalem, mais aussi dans bien d'autres villes du monde, les chrétiens continuent à se retrouver « tous ensemble dans un même lieu » pour écouter la Parole de Dieu, pour se nourrir du pain de la vie et pour continuer à vivre ensemble en mémoire du Seigneur.
Le jour de Pentecôte a été décisif pour les disciples en raison des événements qui se produisirent aussi bien en dedans qu'en dehors du cénacle. Les Actes des apôtres racontent que l'après-midi, « tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient » ; ce fut une sorte de tremblement de terre qui s'entendit dans tout Jérusalem, au point qu'une foule se groupa devant la porte pour voir ce qui se passait. Il apparut aussitôt qu'il ne s'agissait pas d'un tremblement de terre normal. Il y avait eu une grande secousse mais rien ne s'était écroulé. De l'extérieur on ne voyait pas les « écroulements » qui se produisaient à l'intérieur. De fait, à l'intérieur du cénacle, les disciples faisaient l'expérience d'un véritable séisme qui, tout en étant fondamentalement intérieur, les saisit tous ainsi que leur environnement. Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux. Ce fut pour eux tous - des apôtres aux disciples en passant par les femmes - une expérience qui les changea en profondeur.
Mais ce tremblement de terre intérieur qui changea le cœur des disciples eut des répercussions aussi à l'extérieur. La porte fermée s'ouvrit et les disciples commencèrent à parler à la foule qui s'était réunie. La longue énumération des peuples est représentative de la présence du monde entier : tous les peuples sont représentés. Alors que les disciples de Jésus s'expriment, chacun les étend parler dans sa propre langue : « la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome ». A partir de ce jour, l'Esprit du Seigneur a commencé à sortir de limites qui semblaient infranchissables. La Pentecôte met un terme à Babel. L'Esprit Saint inaugure un temps nouveau, le temps de la communion et de la fraternité. C'est à Jérusalem - entre le cénacle et la place - que l'Église commence : les disciples, remplis de l'Esprit Saint, surmontent leur peur et commencent à prêcher. Jésus leur avait dit : « Mais quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière » (Jn 16, 13).
L'Esprit est venu et depuis ce jour, il continue à guider les disciples sur les chemins du monde. La solitude, la confusion, l'incompréhension, le fait d'être orphelin et la lutte fratricide ne sont plus inéluctables dans la vie des hommes parce que l'Esprit est venu. « Tu renouvelles la face de la terre » (Ps 103, 30). L'apôtre Paul, dans la Lettre aux Galates, exhorte les croyants à marcher dans l'Esprit pour ne pas être conduit à satisfaire les désirs de la chair : « Or on sait bien tout ce que produit la chair : fornication, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions » (Ga 5, 16-21). Et il ajoute : « Mais le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres » (Ga 5, 22). C'est de ces fruits dont le monde entier a besoin. La Pentecôte est le début de l'Église. L'Esprit Saint s'est répandu aussi sur nous pour que nous sortions de nos mesquineries et de nos fermetures, afin de témoigner de l'amour du Seigneur et d'annoncer son Évangile à toutes les créatures jusqu'aux extrémités de la terre.