Mémoire des saints et des prophètes

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Mémoire de saint Jérôme, docteur de l'Église, mort à Bethléem en 420. Il a traduit la Bible en langue latine. Prière pour que la voix des Écritures soit entendue dans toutes les langues.


Lecture de la Parole de Dieu

Alléluia, alléluia, alléluia.

Vous êtes une race élue,
une nation sainte, un sacerdoce royal,
peuple acquis par Dieu
pour proclamer ses louanges

Alléluia, alléluia, alléluia.

Job 9,1-12.14-16

Job prit la parole et dit :
« En vérité, je sais bien qu’il en est ainsi : Comment l’homme pourrait-il avoir raison contre Dieu ?
Si l’on s’avise de discuter avec lui, on ne trouvera pas à lui répondre une fois sur mille.
Il est plein de sagesse et d’une force invincible, on ne lui tient pas tête impunément.
C’est lui qui déplace les montagnes à leur insu, qui les renverse dans sa colère ;
il secoue la terre sur sa base, et fait vaciller ses colonnes.
Il donne un ordre, et le soleil ne se lève pas, et sur les étoiles il appose un sceau.
À lui seul il déploie les cieux, il marche sur la crête des vagues.
Il fabrique la Grande Ourse, Orion, les Pléiades et les constellations du Sud.
Il est l’auteur de grandes œuvres, insondables, d’innombrables merveilles.
S’il passe à côté de moi, je ne le vois pas ; s’il me frôle, je ne m’en aperçois pas.
S’il s’empare d’une proie, qui donc lui fera lâcher prise, qui donc osera lui demander : “Que fais-tu là ?”
Et moi, je prétendrais lui répliquer ! je chercherais des arguments contre lui !
Même si j’ai raison, à quoi bon me défendre ? Je ne puis que demander grâce à mon juge.
Même s’il répond quand je fais appel, je ne suis pas sûr qu’il écoute ma voix !

 

Alléluia, alléluia, alléluia.

Vous serez saints,
parce que je suis Saint, dit le Seigneur.

Alléluia, alléluia, alléluia.

Qu'est-ce que l'homme devant Dieu, ce Créateur qui soutient le monde et dispose toute la création dans un ordre si sage ? Job se sent presque écrasé par la toute-puissance divine : « Il est l'auteur d'œuvres grandioses et insondables, ses merveilles sont innombrables ». Ainsi, du point de vue de la justice, il est tout aussi insondable. L'homme n'y peut rien : « Même si j'ai raison, à quoi bon me défendre ? Je ne puis que demander grâce à mon juge ». Les propos de son ami Bildad n'aident pas Job. Ses mots ne le persuadent pas et le soutiennent encore moins dans son dialogue difficile avec le Seigneur. La grandeur de Job tient à ce qu'il ne cesse de parler, de poser ses questions au Seigneur. Certes, ses paroles semblent fermées dans un horizon marqué par la désillusion ; elles ne laissent pas beaucoup de place à l'intervention divine. Tout au long du livre, ou presque, la prière de Job nous apparaît comme un monologue : Job parle, mais Dieu ne répond pas, il paraît lointain et incompréhensible. D'autre part, ses amis ne font que ressasser une théologie myope consistant à répéter sans y croire que le mal frappe l'homme en raison de ses péchés. Rien apparemment n'échappe à la froide et dure loi de la rétribution divine. À cette froide théologie, Job répond que rien ne vaut d'être innocent devant un Dieu qui ne semble nullement se soucier de la souffrance humaine : « Que je me lave avec de la saponaire, que je purifie mes mains à la soude. Tu me plonges alors dans l'ordure, et mes vêtements même me prennent en horreur ! » (v. 30-31). Mais dans la conclusion du discours de Job pointe la particularité de sa relation à Dieu : « Pas d'arbitre entre nous pour poser la main sur nous deux ». Job ne considère pas Dieu comme un arbitre, comme un juge prononçant une sentence d'innocence ou de culpabilité, ainsi que le voudraient ses amis. Pour Job, Dieu est un partenaire, un allié, un ami auquel il s'adresse. Ce qui rend encore plus profond le drame de Job qui ne cesse de parler à son Seigneur : sa foi est plus grande que la douleur dont il souffre.